AA VIE LIBRE section Cergy-Pontoise
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Derrière ce simple mot, se cache tout un long cheminement, semé d’efforts et de sacrifices pour mener à la guérison, comme autant de pas vers une libération. Nécessité d’une séparation, d’un changement ou bien encore d’une perte, il se profile alors dans cette étape, des sentiments mitigés : consommer ou ne pas/plus consommer. Ce terme s’applique dans le champ de toutes les addictions.
Depuis le fond des âges, l’homme a utilisé des produits psychotropes pour s’extraire momentanément de sa condition humaine. Véritable « produit totem », l’addiction a la particularité de pouvoir à la fois être consommé à des fins socialisantes, mais d’être également facteur d’exclusion. Ainsi, si pour les uns, il devient une habitude alimentaire, « occasionnelle » ou « normale », pour d’autres, « mal utilisé », il devient un anxiolytique et/ou un antidépresseur. Ils entrent alors dans un automatisme, un engrenage, où bien souvent seule l’aide extérieure peut arrêter ce qui devient une descente aux enfers. Ce sont les « addictifs ». Insidieusement, la maladie s’installe, et il devient difficile pour ces sujets de s’empêcher de consommer.
Pour tout un chacun, il n’existe pas de regard, ni de position intermédiaire entre les effets positifs de la consommation de drogue et la vision négative portée sur la dépendance. Sans pour cela les justifier, voire les excuser, on comprend à quel point « vivre avec une addiction » peut prendre vite la tournure d’un paradoxe, d’un cauchemar pour ceux qui ont perdu la liberté de s’abstenir. En effet, devant l’ambiguïté de notre société, tantôt incitatrice, facilitant multiples occasions de consommer, tantôt rejetant, voire dans le déni, il nous apparaît plus clair d’affirmer le caractère multifactoriel de la maladie addictive, de dimension non seulement individuelle, mais également sociale.
Peu prolixes quant aux raisons de leur entrée dans l’addiction qu’ils associent à une habitude, une dépression, un « héritage familial », un métier, les dépendants le sont également peu sur le déclic qui les a incité à quitter cet enfer, que chacun vit différemment. Tout est question d’envie et désir pour le sujet.
Aboutissement d’un long parcours, l’abstinence commence dès le sevrage. Semé d’embûches ponctuées par des rechutes, le sujet, au prix d’énormes sacrifices et d’efforts, se trouve marginalisé de fait et réorganise sa nouvelle vie. En effet, si jusque-là, ce produit le soutenait et faisait partie de lui, avec l’abstinence, il tente de redécouvrir le « bonheur » d’une vie « sans », alors même que son passé lui colle encore à la peau. Pour donner sens à cette nouvelle vie, cette rupture, marquée par un « non » au produit au profit d’un « oui » à une quiétude, implique un combat :
interroge sur leurs propres problèmes et insécurise,
Tour à tour exposé aux suspicions, tentatives de paris sur la durée de ses efforts et désillusions de la part de certains, le sujet avance dans ce parcours au rythme de périodes de doutes, d’incertitudes et parfois de découragement.
Il apprend petit à petit non seulement à s’affirmer, mais aussi à entrer en contact avec ses propres émotions. En effet, maladie de l’émotion, l’addiction voyait le sujet utiliser le produit pour permettre à celles-ci de ne pas s’exprimer.
Pris dans la contradiction entre ses désirs proclamés d’être délivré de son addiction et celui de son assuétude qui l’enchaînent à sa maladie, il semble pour le sujet abstinent qu’un nouvel étayage soit indispensable. Soucieux de son suivi médico-psycho-social, fidèle à ses réunions de groupe d’anciens malades, attentif à son traitement, voire parfois enclin à s’engager dans un désir d’aider l’Autre, cette nouvelle « béquille » peut parfois, dans cette frénésie de combler un vide abyssal, le tourner vers une nouvelle dépendance. En effet, utilisé par le soignant ou le patient sans que sans que l’on sache qui du soignant ou du patient a induit ce terme, l’abstinence peut amorcer un renouvellement des usages autres. |