AA VIE LIBRE section Cergy-Pontoise
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TRANCHE DE VIE
Tranche de vie, le regard de soi est un sujet profond, qui ouvre un large éventail de réflexions, et de questionnements. Écrire un texte sur ce sujet est forcément un exercice d’entre ligne, pour lequel il faut poser quelques consignes.
Il faut parfois savoir faire un choix: Le regard des autres sur soi-même, son propre regard sur soi-même; Le regard que le miroir nous balance, le regard de l’habitude, de l’ignorance. Le regard du père, de la mère, le regard imaginaire. Le regard sur le passé, le présent et peut-être l’avenir plus plaisant et le non regard… J’en passe sûrement. Je vais donc choisir de parler concrètement du regard posé sur l’alcoolique que j’ai été, Il y a encore peu de temps. Il est difficile de parler de soi avec détente, avec la honte encore présente,
Bien qu’un peu diluée, puisque je peux en parler, dorénavant, en rimant. Je suis institutrice, depuis trente-quatre années productrices. Un métier d’artiste, avec un public caricaturiste, d’enfants inventifs, de parents, très attentifs très confiants, parfois envahissants. Il faut être intrépide et solide Pour ne pas rater un virage Car le public est bien là, bien sage, Avec dans le regard une lueur de confiance et de tolérance. En classe, rares sont les jours, sans rire, sans fous rires, sans sourire. Lorsque j’ai pris conscience de mon état de dépendance, j’ai observé le regard des enfants, j’ai observé le regard des parents, et je me suis observée. C’est là que l’horrible réalité m’a frappée de plein fouet. Tous les jours, j’avais l’obsession de mes tremblements, L’obsession du miroir. Derrière ma carapace j’étais devenue le cancre de la classe!!! Alors, j’ai pris une résolution. J’étais malade, je devais me soigner. Je ne me suis plus posé de questions, je devais me faire hospitaliser afin de ne plus tromper ces enfants que j’aimais tant et qui me le rendaient tout autant. Je me suis arrêtée, et sous mon masque me suis cachée. Je me suis lovée dans des habitudes, qui petit à petit, m’emportaient avec certitude, loin de tous et de la vie. Seule, je me suis mise en quarantaine et avec beaucoup de peine je tentais de me plonger dans des œuvres littéraires, mais au contraire je repartais dans des rêves incertains, sur un voilier, au milieu des dauphins, dans le ressac de ma dépression dans le cercle infernal de la tentation de la prise d’alcool entraînant les tremblements, de, prise d’alcool Diminuant les tremblements, Engendrant un cercle incessant. C’était terrifiant! impossible de sortir, impossible de lire, impossible d’écrire, impossible de réfléchir. Je n’avais plus rien à dire. Je me calfeutrais dans mon tunnel, c’était paradoxal, isolée, égarée dans mon archipel devenu mon cocon fœtal. Cela a duré presqu’une année; Et enfin, j’ai entrevu une ouverture pour ne plus sombrer. J’ai fait une cure et une post cure. Quatre mois pour réapprendre à rire. Quatre mois pour réapprendre à vivre; Quatre mois pour comprendre ma dérive, pour réfléchir et communiquer.
Me voilà, aujourd’hui, vivante, souriante et confiante en l’avenir et en la vie. Je ne peux que remercier tous ceux qui m’ont aidée, qui ne m’ont pas renvoyé le non regard, celui de l’ignorance, mais au contraire le regard du courage et de l’importance de sortir et de s’en sortir. C’est mon souhait le plus cher, afin que nous soyons tous fiers, de cet accostage réussi grâce au partage. Élisabeth